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07 avril 2014

15 jeunes femmes chercheurs récompensées - Bourses internationales UNESCO-L’Oréal

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A l’occasion du prix L’Oréal-UNESCO For Women in Science qui distingue des femmes pour leur contribution au progrès de la science, 15 bourses internationales récompensent également des jeunes femmes chercheurs (photo ci-dessus), dont les projets impactent positivement l'Homme et l'environnement. Femmes & DD a interviewé l’une des heureuses élues, Aramide Dolapo OSHINGBOYE – portrait.

femme de science,chercheur,scientifique,unesco,l'oréal,botaniqueNigériane, Aramide Oshingboye consacre sa thèse de doctorat aux Fabacées, qui regroupe des plantes légumineuses dont la richesse génétique est vitale pour l’écosystème des régions septentrionales arides de son pays. En effet, au-delà des apports alimentaires essentiels qu'elles représentent, elles fixent l’azote du sol, favorisant sa fertilité tout en prévenant l’érosion. Or, le réchauffement climatique et les pratiques agricoles inadaptées menacent leur diversité génétique.

Ses recherches visent donc à accroître les connaissances sur les Fabacées, au travers notamment de leur cartographie génétique grâce à une nouvelle technique de codage à barre de l’ADN. Ces travaux permettront ainsi la mise en œuvre de solutions de conservation plus efficaces et des méthodes agricoles plus durables, non seulement au Nigeria, mais aussi dans le reste du monde. [Actuellement, A. Oshingboye est accueillie à l'Université de Reading (Royaume-Uni)]

FDD. Commençons par votre parcours: d'où vient votre intérêt pour la botanique et la biologie moléculaire? Avez-vous été inspirée ou encouragée par une personne en particulier?
A.O. J'ai grandi au Lagos (Nigeria) où j’ai d’abord étudié la microbiologie à l’université. Attirée par une carrière dans les sciences, j’ai été d’autant plus encouragée par mon professeur et superviseur, Mme Ugoji. Je me suis naturellement orientée vers la botanique de part mon intérêt pour les plantes –renforcé par la lecture de la biographie de Linné (botaniste suédois). J'ai alors complété un Master en Botanique et systématique moléculaire. Mon superviseur actuel, Prof. O.T. Ogundipe a également été une source d'encouragement, d'inspiration et de soutien, nous donnant toujours des raisons de ne pas abandonner.

FDD. Être une femme dans ce domaine vous a-t-il déjà posé problème? Selon vous, les femmes chercheurs sont-elles globalement traitées comme leurs homologues masculins?


A.O. Je n'ai jamais vraiment eu de soucis, sans doute parce que j'allais dans une école pour filles. Je me suis surtout heurtée au contexte culturel où une femme doit normalement penser à son mariage après sa licence plutôt que poursuivre ses études et sa carrière. De toute évidence, les femmes chercheurs sont complètement sous-représentées dans nombre de disciplines scientifiques de part le monde et celles qui exercent ne sont pas traitées comme les hommes – la croyance voulant que les sciences soient l’apanage de ces derniers. De ce fait, elles sont perçues comme des concurrentes.

FDD. Avez-vous observé des différences de perception entre le Nigéria et le Royaume Uni?
A.O. La problématique se pose de manière assez universelle, mais j'ai néanmoins remarqué plus de diplomatie et de reconnaissance affichée sur la question dans les pays développés que dans les pays émergents.

FDD. Venons-en à votre sujet de recherche, comment en êtes-vous arrivée à cibler l'étude des Fabacées?
A.O. Lorsque mon groupe de recherche anglais a reçu une subvention pour le projet CARGS sur les banques d'ADN de plantes arides nigériennes, cela a attiré mon attention sur les menaces pesant sur les habitats arides dans le monde et les opportunités qui peuvent naître, notamment au Nigeria. Je me suis concentrée sur les légumineuses qui sont à la base de ces écosystèmes, contribuant à fertiliser les sols et limiter l'érosion. De plus, les données génétiques sur la flore de cette région du Nigéria sont insuffisantes, peu de travaux ayant été menés sur la cytomorphologie [morphologie et structure des cellules] des Fabacées.

FDD. La biodiversité décline à une vitesse alarmante, affectant les espèces sauvages et cultivées. Rappelons l’histoire de ce riz sauvage indien découvert dans les années 70, seule espèce résistante à un virus décimant les récoltes à la même époque. De toute évidence, vos recherches peuvent considérablement aider à protéger un patrimoine génétique précieux. Pensez-vous que les gens se sentent plus concernés désormais?
A.O. Mes recherches contribueront à préserver le capital génétique des légumineuses en milieu aride au Nigéria grâce à la nouvelle technique de codage à barre de l’ADN. Ces séquences génétiques pourront alors être partagées sur une base de données publique.

Les citoyens sont désormais mieux informés et se sentent plus concernés par la perte de la biodiversité mais un travail de sensibilisation est nécessaire.

FDD. Quels sont vos projets après votre thèse? Quel est votre rêve?
A.O.
Je compte poursuivre mes recherches sur les plantes arides et résistantes à la sécheresse, notamment grâce à l'identification des gènes impliqués et le clonage, afin de renforcer la sécurité alimentaire du Nigeria. Dans un futur proche, je me vois devenir une des futures lauréate du prix L’Oréal-UNESCO.

FDD. Un message en particulier que vous aimeriez faire passer?
A.O. Le monde a besoin des sciences, qui ont besoin des femmes, car les sciences sont porteuses de vie, d'opportunités et de croissance. Les sciences ne connaissent aucune frontière raciale ou sexuelle.

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Découvrir les autres boursières du prix L’Oréal-UNESCO For Women in Science. - Crédit photo © L’Oréal

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