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24 novembre 2011

Vous reprendrez bien un peu de pesticide?

environnement,santé,bien-être,alimentationPour vivre, l’être humain a besoin de trois substances fondamentales : l’air, l’eau et l’alimentation. S'il y a beaucoup de chose à redire sur la qualité de l’air, spécifiquement en milieu urbain ainsi que sur l’eau, entre les nitrates et l’aluminium qu’elle contient, l’aspect alimentaire est un peu oublié dans nos modes de vie de plus de plus chronométré... Par Estelle MORAUD, manager commercial, Camif Habitat.

Il y a bien sur l’alimentation "plaisir"... mais l’alimentation "santé" s’inscrit dans une agriculture durable et respectueuse de notre environnement. Or, produire plus, à moindre coût et à moindre qualité, au point de réaliser un mixte chimique qui, hormis l’aspect, n’a ni le goût, ni les contenances nutritives d’une vraie alimentation, telle est la direction prise depuis des années par l’industrie agro-alimentaire, en pressurisant les agriculteurs pour mieux répondre aux exigences de rentabilité de la grande distribution. Cette orientation passe par l’utilisation excessive des pesticides, la France se plaçant comme la championne européenne de l’utilisation de produits phytosanitaires. Déversés dans notre environnement lors des traitements, les pesticides sont présents partout:


- Dans l’eau : en métropole, 92 % des points de mesure échantillonnés dans les cours d'eau présentent au moins un pesticide quantifié, 75% dans les points d'eau et 70% des eaux souterraines (source: Ministère, données 2011). Les herbicides sont les composés les plus retrouvés dans les eaux.
- Dans l’air : l'Observatoire des Résidus de Pesticides a publié en 2009 des mesures indiquant que 57% des mesures dépassaient le ng/m3, en milieu rural, comme en milieu urbain.
- Les brouillards : l'INRA a démontré dès le milieu des années 90 que des pesticides étaient également présents dans le brouillard, à des teneurs bien supérieures à celles des eaux de pluie.


La contamination par les pesticides est généralisée, d'autant que les produits pulvérisés sur les cultures n’atteignent pas en totalité leur cible, loin s’en faut. On estime que 25 à 75 % des quantités de pesticides appliquées partent dans l’atmosphère en contaminant l'environnement.

Impact des pesticides sur le système immunitaire

De plus, la majorité des études scientifiques ont mis en évidence des effets immunosuppresseurs des pesticides étudiés. Chez l’homme, l’exposition provoque :
- des cancers associés à la suppression immunitaire.
- des réponses auto-immune
- la suppression de la fonction immunitaire des réactions allergiques (dermites, asthme)

Les pesticides, perturbateurs endocriniens agissant sur le développement du foetus

Le foetus en développement et le bébé sont extrêmement sensibles aux effets des pesticides.  L’exposition du foetus à certaines périodes de la grossesse peut conduire à un avortement spontané, à des retards de croissance, des handicaps à la naissance… Les perturbateurs endocriniens (contenu dans certains pesticides) sont même soupçonnés de modifier le sexe de l’enfant à naître. En effet, des chercheurs se sont aperçus que la proportion de bébés mâles, par rapport à l’ensemble des nouveaux-nés, était en train de décliner doucement depuis 20 ans dans de nombreux pays industrialisés ou en voie d’industrialisation è un changement qui serait induit par l’exposition du foetus à toute une série de produits chimiques perturbateurs endocriniens tels que certains pesticides. 

D’autres problèmes tels que des malformations du pénis et des testicules à la naissance, l’augmentation de la fréquence du cancer des testicules, le déclin de la quantité et de la qualité du sperme sont attribués à ces mêmes causes environnementales.

De nombreuses autres études épidémiologiques montrent que l’exposition professionnelle ou par l’environnement des familles aux pesticides peut amener des retards de croissance, des anomalies congénitales et même des fausses couches.

La contamination généralisée de l’environnement (air, eau de pluie, eau de boisson…) et de la nourriture par les pesticides rend inévitable la contamination de l’être humain par ces mêmes pesticides. Les pesticides le plus souvent retrouvées dans les organismes humains sont bien sûr les pesticides les plus persistants, qui possèdent des propriétés de bioaccumulation : ils se concentrent dans les graisses à des teneurs de plus en plus importantes au fur et à mesures qu’ils remontent la chaîne alimentaire. On retrouve ces pesticides dans les tissus adipeux, dans le cerveau, dans le sang, dans le lait maternel, dans le foie, dans le placenta, dans le sperme et dans le sang du cordon ombilical des êtres humains.

Les personnes les plus fréquemment victimes d’intoxications aiguës par les pesticides sont les agriculteurs, qui manipulent et appliquent ces pesticides sur leurs cultures. En France, la Mutualité Sociale Agricole (M.S.A) commence enfin à reconnaître comme maladie professionnelle les effets secondaires invalidant des pesticides. Les troubles aigus dûs aux pesticides frappent les muqueuses et la peau, le système digestif, le système respiratoire, le reste de l'organisme. Une des solutions est de se tourner vers l’agriculture biologique et vers l’agriculture raisonnée et surtout, de revenir aux fondamentaux : nous n’avons pas besoin de produire autant, nous avons besoin de gaspiller moins.

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Lectures pour approfondir la question:
- "Le livre noir de l'agriculture: Comment on assassine nos paysans, notre santé et l'environnement",  Isabelle Saporta.
- "Le krach du sperme, et autres menaces : Comment l'industrie chimique nous rend stériles", Pierre Du terte et Gérald Messadié
- "Toxic food", William Reymond

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